PopCorn Reborn Summer Festival

POURQUOI REVOIR… LES DENTS DE LA MER AU CINEMA ?

Vous connaissez le Popcorn Reborn Summer Festival ? C’est pas grave, il est encore temps de bien faire. Ça se passe à Arras, sympathique ville des Hauts-de-France dans laquelle réside l’association Popcorn Reborn (forcément). Inquiets et dépités par le décalage de sorties des blockbusters U.S prévus cet été, les cinq soldats de la culture pop qui composent l’asso ont décidé de réagir. A l’absence d’été américain, nous répondons en inventant notre propre été américain. 

Le Popcorn Reborn Summer festival, c’est une programmation de huit films emblématiques de la saison estivale, à raison d’un par semaine étalés sur deux mois. C’est aussi une raison de rappeler à travers des œuvres que l’on connait pourquoi l’expérience salles constitue toujours une occasion de les redécouvrir. Cette semaine, on revient avec le film auquel l’idée même d’été américain doit son existence. Vous l’avez compris: on va parler des Dents de la mer de Steven Spielberg (encore lui! )

Steven Spielberg aime les grosses bêbêtes voraces. Avant même de déloger l’homme du sommet de la chaine alimentaire avec Jurassic Park, le réalisateur s’amusait déjà à contrarier le sentiment de supériorité de l’espèce avec Les dents de la mer. On pourrait croire qu’un carton aussi monumental que celui que connut le film à sa sortie en 1975 ne se fabrique pas en contrariant la zone de confort du grand-public. Mais l’oeuvre que l’histoire a désigné comme la matrice du blockbuster moderne a écrit ses lettres de noblesse sur la psychose que son grand-requin Bruce fit régner sur les stations estivales. C’est que dans le climat anxiogène propre à l’Amérique des années 70, Les Dents de la mer s’est imposé comme l’un des pourvoyeurs d’angoisses les plus puissants de la décennie. Charles Manson et sa secte n’inspirait pas la terreur qui s’emparait des plagistes à la vue de tout ce qui pouvait ressembler à un aileron de requin se découpant dans l’horizon bleu. Désormais, même la mer refusait au public de se laisser aller à son insouciance de saison. Non seulement l’homme n’est pas maître des eaux, mais il est cerné par un territoire hostile qui s’étend à perte de vue. Nous sommes peu de choses, il faut l’accepter. Mais aussi savoir remettre les choses à leurs places. 

Car aussi Spielberg que soit Steven, Les dents de la mer ne serait surement jamais devenu le phénomène que l’on connait sans la grande toile pour étaler sur toute sa largeur l’incitation à la panique générée par le cinéaste. Si le cinéma est une fenêtre sur le monde, Les dents de la mer ouvre une porte vers l’infini : l’étendue du territoire marin s’ouvre sur toute la largeur du cinémascope de grand-écran. L’inconnu est à portée d’oeil, et il amène un invité taquin avec lui.

Ainsi, Bruce se fait rare, mais choisit bien ses moments. Chacune de ses apparitions constitue l’occasion pour le spectateur de se sentir aussi écrasé que le personnage de Roy Scheider par la taille du squale. C’est un bateau ? Non, un prédateur à l’aura quasi-surnaturelle, chassé par ses proies sur son territoire qui n’a ni commencement ni fin. Le souffle de l’aventure n’est jamais aussi fort que lorsque l’homme se livre à une nature qu’il ne maitrise pas. Dans Les dents de la mer, c’est le mistral qui bourdonne aux oreilles du spectateur chaque fois que Quint pousse son bateau (trop petit) à la poursuite du monstre des profondeurs. Il faut le souligner : la postérité a tout donné à la créature, mais Bruce n’est pas le seul personnage du film à sortir en mythe. Le trio de personnages et leurs formidables interprètes ont tout autant leur place que leur adversaire au Valhalla des icônes. Les dents de la mer pose ainsi l’acte de naissance d’un grand paradigme spielbergien: l’humain se transcende à travers sa résilience face à des menaces et dans des espaces disproportionnés par rapport à sa taille. Et ça, le (petit) spectateur assis devant un (grand) écran de cinéma ne se contente pas de le comprendre. Il le ressent.

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PopCorn Reborn Summer Festival

POURQUOI REVOIR… GLADIATOR AU CINEMA ?

Vous connaissez le Popcorn Reborn Summer Festival ? C’est pas grave, il est encore temps de bien faire. Ça se passe à Arras, sympathique ville des Hauts-de-France dans laquelle réside l’association Popcorn Reborn (forcément). Inquiets et dépités par le décalage de sorties des blockbusters U.S prévus cet été, les cinq soldats de la culture pop qui composent l’asso ont décidé de réagir. A l’absence d’été américain, nous répondons en inventant notre propre été américain. 

Le Popcorn Reborn Summer festival, c’est une programmation de huit films emblématiques de la saison estivale, à raison d’un par semaine étalés sur deux mois. C’est aussi une raison de rappeler à travers des œuvres que l’on connait pourquoi l’expérience salles constitue toujours une occasion de les redécouvrir. Après les dinosaures de Jurassic Park la semaine passée, Popcorn Reborn enchaine avec une autre créature du grand-écran reléguée aux oubliettes de l’histoire. Jusqu’à sa résurrection par un réalisateur sinon visionnaire, au moins particulièrement inspiré. 


« Tu aimes les films sur les gladiateurs ? », demandait le commandant Peter Graves au petit Joey dans le cockpit de son avion en déroute. Dans le Hollywood de la fin des années 90, la question est vite répondue : oui, à la télévision pendant les rediffusions de Noël et à raison d’une coupure pub par demi-heure. Autant dire que le tapis rouge n’était pas vraiment déroulé à l’attention de Gladiator pour son entrée dans l’arène des salles obscures. Mais même César ne peut ignorer le verdict du public, et le pouce baissé de l’industrie pendant les mois qui précédèrent la sortie du film se lèva subitement sous les clameurs de la foule.

Faire mentir les pronostics et victoire de l’outsider par KO : l’histoire de Gladiator est celle du projet lui-même, balle perdue qui continue de toucher sa cible en plein cœur 20 après sa sortie. Les films qui se gravent à ce point dans l’inconscient populaire sont ceux qui cherchent avant tout à (bien) raconter une (bonne) histoire. Empereur de la culture pop des 80’s devenu général déclassé par les échecs dans les 90’s, Ridley Scott filme avec l’âme du gladiateur revenu des enfers. Le péplum est un genre qui a écrit ses lettres de noblesse sur grand-écran, Sir Ridley peint la calligraphie de sa résurrection pour le cinéma.

Davantage animé par le sens du devoir de Maximus que par l’hubris de Commode, Scott déploie sa tragédie à hauteur d’homme sur toute la largeur de la toile. Gladiator fait ainsi partie de cette catégorie d’œuvres où les scènes intimistes participent d’une même exigence de (grand)-spectacle que les batailles. Un blockbuster, ce n’est pas seulement des money-shots survendus par une bande-annonce, c’est un état d’esprit. Ici, chaque parcelle de l’image fait souffler à grand vent la puissance de la grande histoire sur la petite, chaque scène devient un instant-prégnant, chaque minute écrit cinéma avec un grand C sur l’écran. Ridley Scott ne fait jamais tomber le rideau qu’il lève lors de l’entrée de ses combattants dans l’arène: jusque dans ses moments les plus anodins, Gladiator se ressent se regarde et s’écoute dans une salle obscure.

Car si la simplicité de Russell Crowe accède à la grandeur, c’est aussi parce que la musique de Hans Zimmer achève de faire résonner l’histoire de Maximus dans le livre d’images du spectateur. Un orchestre symphonique pour le couronnement d’un empereur de la culture pop, ça se (re)vit au cinéma. 

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